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Rencontrer l’Autre aujourd’hui : Quand la peur empêche la rencontre, À partir d’un entretien avec Martine Lerude sur France Culture

  • Photo du rédacteur: Emmanuelle Gavel-Marcouillier
    Emmanuelle Gavel-Marcouillier
  • 22 févr.
  • 2 min de lecture

Dernière mise à jour : 7 mars

Dans un monde hyperconnecté, paradoxalement saturé de choix et d’images idéalisées, la rencontre amoureuse semble plus difficile que jamais.

C’est ce constat lucide et profondément contemporain que pose Martine Lerude, psychanalyste- dans un entretien accordé à France Culture, consacré à la question de l’amour et de l’altérité.


Projection lumineuse du message Love is Love sur une personne dans l’ombre


L’impossible rencontre de l’Autre

Martine Lerude met des mots sur un malaise diffus mais largement partagé :


« Ce qui serait peut-être le plus singulier à notre époque, c’est l’impossibilité de pouvoir rencontrer l’autre dans son altérité radicale. »

Selon elle, notre société est marquée par une montée des positions phobiques. L’autre n’est plus perçu comme une richesse ou une ouverture, mais comme une menace potentielle pour notre équilibre, notre bien-être, notre identité.


« L’autre apparaît comme dangereux, comme une atteinte à ce qui pourrait être notre moi, notre bien-être. Alors, l’autre n’est jamais celui qui conviendrait. »

Cette peur de l’altérité conduit à une quête paradoxale : vouloir rencontrer, aimer, partager… tout en refusant ce que l’autre a de différent, d’imprévisible, de non maîtrisable.


Des profils “idéaux” mais une solitude persistante

L’entretien pointe également une réalité frappante, très présente aujourd’hui, notamment chez les femmes :


« On rencontre aujourd’hui des femmes jeunes, parfaites, jolies, belles, éduquées, intelligentes, avec un beau métier, et qui sont dans l’incapacité de rencontrer un partenaire. »

Non par manque d’opportunités, mais parce que la rencontre implique une confrontation à l’Autre avec un grand A. Un autre qui ne correspond pas toujours aux images de complétude véhiculées par la société, les réseaux sociaux ou les applications de rencontre.


« Il y a une incapacité à la rencontre, et cette incapacité vient interroger les modalités de représentation de notre société. »

Ces représentations dominantes proposent des modèles idéalisés, lisses, rassurants, qui ne laissent aucune place au manque, à la faille, à l’imperfection. Or, aimer suppose justement d’accepter cette part d’incomplétude.


Repenser la rencontre, réhabiliter le lien réel

Cette analyse résonne profondément avec la démarche de WayTwoMatch. Derrière la fatigue du dating, le désenchantement face aux applications et la solitude croissante, se cache souvent la même difficulté : accepter la rencontre réelle, incarnée, imparfaite, mais profondément humaine.


Chez WayTwoMatch, nous sommes convaincus que la rencontre ne se consomme pas, elle se prépare et se vit. Elle nécessite un cadre sécurisant, bienveillant, où chacun peut se présenter tel qu’il est, sans masquer ses fragilités ni chercher à correspondre à une image idéalisée.


Réapprendre à rencontrer l’Autre, c’est accepter de sortir du fantasme de la complétude, pour entrer dans une relation vivante, authentique, faite de dialogue, de différences et de cheminement commun.


L’entretien de Martine Lerude nous rappelle une vérité essentielle : l’amour ne peut exister sans altérité. Tant que l’autre sera perçu comme un risque plutôt que comme une rencontre, la solitude continuera de progresser, même dans une société saturée de connexions.


Réhabiliter la rencontre réelle, lente et consciente, est sans doute l’un des grands enjeux relationnels de notre époque. Une conviction que WayTwoMatch s’attache à incarner, événement après événement, parcours après parcours.


Source :

Entretien avec Martine Lerude, À propos de l’amour, France Culture. 14 Février 2016


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